Cahiers de brouillon

Tomes 1 à 8

1985 - 2004

À partir de 1985 Comby va terminer quasiment toutes ses journées par un dessin sur un carnet, pour constituer ce qui deviendra un véritable journal, témoin des émotions de l'artiste sur près de vingt ans.

Comby va choisir, délibérément, comme support,  des livres de compte. Il dira ses craintes de dessiner sur du beau papier, qui exige une attention accrue à la présentation alors que seul le sujet importe pour lui. Désormais, Comby veut d'abord rester témoin de son temps, pour rendre compte d'une époque où cruauté, souffrance, désespoir sont trop présents. Pour cela, les registres comptables aux pages sagement numérotées, lui apparaissent parfaits pour tenir un état du "monde tel qu'il va".

Dessinés à la plume, ils vont recueillir non seulement un pandémonium de figures, de corps, mais aussi une série de réflexions sur les évènements qui agitent la planète. La série commencée en avril 1985 comprend 8 tomes de cinq cents pages. 

« Ce sont des dessins à l'encre noire, par stylo banal, sans volonté au départ puisque le tome 1 débute par des dessins gouachés couleurs, puis par des études de mon père. à 84 ans, qui sur ma demande, venait d'écrire,  ses mémoires de la grande guerre 14 - 18 ...

Après, ce fut l'actualité par les images de presse, les ouvrages des gueules cassées, les albums d' Hans Haeckels, de Wentzel Jamnitzer. Puis, les Fallas de Valencia, les momies de Palerme, les études d'histoire naturelle et d'anatomie. Et les guerres,14-18 et 39-45 bien sûr, mais aussi toute la folie des hommes.

Mais également les revues de mode, le monde du travail, les femmes et l'éternel féminin, le nucléaire et les ouvrages outranciers dits "porno" aussi bien que ceux sur l'art religieux ou les chefs d'œuvre passés et récents - Eros et Thanatos mêlés.

C'est un repos éveillé avant les techniques de la sculpture, une mise à nu de ce que je suis en 3200 facettes, de mes révoltes, passions, dénonciations, amours ; conscient que l'art ne change pas la face du monde. »

Comby, n'était pas un désespéré, et ses amis le savaient bien. Il apprécie leur présence, les bonnes tables, la joie, la beauté. Ces carnets, furent, pour lui, un réservoir de l'urgence de la création, une dérivation du trop-plein de son imagination, ... un vrai journal intime.