Les duralinox

1969 - 1979

L’intérêt grandissant pour la "chose" industrielle et l'évolution technologique d'une part, sa découverte du traité de géométrie des volumes de Wenzel Jamnitzer Perspectiva corporum regularium (1568) amène Comby vers d'autres horizons. Il rencontre Claude Renard de la Régie Renault qui vient de créer un département "Recherches, art et Industrie".  A travers l'invitation d'artistes, et faisant écho à l’intérêt de sculpteurs comme Comby pour les matériaux et moyens de production industriels, la Régie leur apporte un soutien logistique technique à la création. La régie mettra à disposition de Comby - et d'autres comme Carolyn Lee - ses fraiseuses, tours, perceuses, taraudeuses et autres "machines outils" comme on les nommait à l'époque. Il s'agit un échange de bon procédé, la Régie voyant là également un moyen d'humaniser son outil industriel très critiqué à l'époque pour remplacer la place de l'homme sur les chaines de production.

Ainsi initié à la CAO, Comby poursuivra son apprentissage chez l'industriel Dupont-Tissot à Faverges (38).

Débutée par des croquis, la conception nécessite la technique du dessin industriel pour l'exécution de chaque pièce et assemblage. L'utilisation de l'A.G.5 (aluminium des casseroles) et la qualité des finitions, avec pour certaines un polissage intense, les rend précieuses comme des pièces d'orfèvrerie. L'emploi des bois lamellés collés (hêtre, bouleau et colle noire), tournés et fraisés permit des effets de moirures inattendus, et des travaux de grande taille.

Toutefois, la variété des thèmes n'est pas différente de celle des autres matériaux : monstrance ou tabernacle sur la fée mécanique intérieure, portes coulissantes ou stabilité pour Thanatos sur pyramide. Encore les thèmes des têtes barbares avec phallus entre les dents, personnages à trois yeux, ou demi-sphères enchâssant l'idole sur pied.

Plus de trente pièces furent produites, dont une de 3,50m de haut, certaines de la main du sculpteur, la plupart par les techniciens passionnés d'une société de mécanique industrielle de Marseille (Sté Mécano Technique aujourd'hui disparue). Après dix ans l'artiste déclarait :

" J'ai touché les limites de cette aventure : les machines-outils ne pouvaient se déplacer hors de leurs axes géométriques. Il me fallait retrouver plus de liberté."